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ATELIER PARCOURS AUGMENTÉS 

 

Mathias Poisson (artiste) et Élise Olmedo (Géographie, UMR Géographie cité) associant Aurore Bonnet (Architecture/Urbanisme), Sandrine Depeau (Psychologie environnementale), Benoit Feildel (Aménagement, UMR Citeres),

 

Liaison inter-ateliers : Théa Manola (Urbanisme)

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Tout au long d’un parcours, le marcheur, individu en mouvement, déploie diverses formes attentionnelles. S’il prend réellement en considération l’espace qu’il traverse, et plus encore s’il se laisse guider par ce qui a aiguisé sa curiosité ou ce qui pour lui, fait figure de repère (matériel, immatériel tel que la lumière, les odeurs, etc.), on dira dans le langage courant, qu’il a suivi « ce qui l’a touché », « marqué ». Ainsi, l’attention portée à l’expression de ce laisser-aller à ce qui l’a mû et ému fait ressortir toute la portée de ce qui a saisi ses sens et imprégné certains schèmes au point de faire varier son itinéraire[1].

Cet atelier portera sur « l’augmentation » définie comme forme spatio-attentionnelle spécifique (du sens à l’instant). En faisant écho à l’idée de « réalité augmentée »[2], cette notion désignera ici un processus cognitif et affectif conduisant à déployer la perception phénoménale d’un espace. En d’autres termes, cela signifie que l’appareil sensoriel non seulement, mais aussi les capacités cognitives, sont mobilisés dans l’objectif d’augmenter la « définition », c’est-à-dire la compréhension d’un espace du point de vue de ses qualités sensibles et de son ambiance... Ainsi l’augmentation phénoménale, en exploitant par la mobilité le processus de focalisation et de distance, appelle la faculté attentionnelle déployée dans le présent et le fait d’être présent.

Ce rapport présentiel à l’espace rend possible une autre géographie, une géographie non-euclidienne qui permet de faire advenir un micro-espace en très grand et d’en révéler toute la sensorialité et la complexité. Ce processus géographique de focalisation se fonde sur une spatialité fortement ancrée non seulement au sol, mais surtout dans toute la corporéité du cheminement.

Dans cet atelier, le parcours sera utilisé pour développer cette forme attentionnelle particulière qu’est l’augmentation. A travers le protocole artistique d’un artiste-marcheur, Mathias Poisson, nous porterons notre regard sur ce processus attentionnel pour tenter de mieux en approcher la singularité. Ce processus d’attention/captation impulsé par les différents types de perception pourra être saisi à partir de variantes modulant les parcours (dans les formes intentionnelles des cheminements ; les modes de déplacements ; les modalités sensorielles exacerbées). Autant de variantes qui pourront constituer des petits groupes de marcheurs, d’individus en mouvement.

Plusieurs expériences spatiales seront proposées, suivies chaque fois d’une restitution individuelle et collective. Ces expériences spatiales opérées dans le mouvement constitueront une base commune minimale pour réfléchir et travailler aux différentes formes de saisie et de restitutions constitutives des autres ateliers (Narrations et iconographies). A partir des expériences spatiales et des traces laissées par l’expérience, l’atelier parcours permettra de comprendre la spatialité que l’augmentation met en jeu. Plusieurs formes de restitutions seront approchées (cartographie, notation, partition au sens d’outil prescriptif pour l’expérience) pour travailler sur une méthodologie rendant possible l’aller-retour de l’expérience aux empreintes expérientielles qu’elles soient mémorielles ou matérialisées (graphiquement, plastiquement...). [3]

Pour ce qui concerne la cartographie, elle pourra être l’objet d’une restitution spécifique. Les cartes en tant que formes de représentation de ceux qui les produisent et forme de représentation de ceux qui les interprètent nous confrontent à deux parts d’une saisie de la réalité qui pourront dans cet atelier, au prisme des expériences vécues durant les parcours, être interrogées. Par ailleurs, en faisant appel à un traitement et à une sémiologie particulière, valant de considérer autant les formes et leurs relations que le sens qui est attribué et donc l’ensemble représenté, il s’agira de confronter les données conventionnelles de la carte en tant que technique géographique donnant à voir une réalité dite « objective » avec des données plus qualitatives, plus subjectives et souvent plus invisibles comme peuvent l’être les émotions, les évocations, les sensations.

 

  • Coordinatrice: Sandrine Depeau, sandrine.depeau[at]univ-rennes2.fr


[1] Gibson, J. J., 2014 (1979), Approche écologique de la perception visuelle, Paris, Dehors Editions (traduit de l’anglais).

[2] On peut faire référence par exemple au projet "Walking the edit" développé par Ulrich Fisher (http://walking-the-edit.net/fr/).

[3] Ces formes de restitution sont plurielles. Elles seront donc l’objet de discussion qui pourront s’appuyer entre autres sur les "méthodes du CRESSON": les parcours polyglottes comme restitution des parcours commentés, revisitées par les différents chercheurs de l'équipe au fil des années, la méthode des itinéraires avec sa restitution revisitant la forme du roman photo, les cartes mentales (http://atelier-tixier.com/dotclear2/telechargement/Runninghami/Tome_1). 

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